B.O de « Conan le Barbare » : le son de l’heroïc-fantasy.

Quand Dino de Laurentiis se lance au début des années 80 dans le projet de l’adaptation des romans de Robert E. Howard relatant les aventures d’un barbare prénommé Conan, il veut mettre en fond sonore de la pop-music, comme cela avait si bien fonctionné (rires étouffé) sur le grandiose (rires contenus avec difficulté) « Flash Gordon ». John Milius le persuadera de faire marche arrière. Ouf !

Arnold Schwarzenegger dans la peau de Conan.

Bon, une fois que John Milius a eu gain de cause, encore faut-il choisir un compositeur capable de produire une partition potable. Les producteurs pensent à Ennio Morricone mais John Milius préfère choisir Basil Poledouris, dont la participation la plus célèbre à cette époque est celle pour « Le lagon bleu ». Basil Poledouris va offrir au film un soutien musical d’une puissance inégalée dans le genre.

Affiche américaine du film

Dès les premières scènes se situe l’attaque du village par les cavaliers du très inquiétant Thulsa Doom. Le morceau qui accompagne cette charge est double : « Anvil of steels/Riders of Doom ». Pour le composer, Poledouris s’est inspiré de Sergeï Prokofiev et de Carl Orff et il s’est appuyer sur 24 cors d’harmonie, des violons et des timbales avec en plus un chœur qui scandera des paroles qu’il a lui même écrites, le tout joué par l’orchestre symphonique de Santa-Cecilia (Italie). Le résultat est tout simplement monstrueux, provoquant des frissons à chaque écoute et stimulant notre imaginaire. Le reste de la bande-son est également remarquable, avec quelque morceaux plus calmes comme « Theology/Civilization » et dont Howard Shore reprendra quelques notes pour faire le thème principal de la trilogie « Le Seigneur des Anneaux » mais aussi de morceaux bien plus brutaux (Battle of the Mounds » qui reprend le thème de « Riders of Doom ») ou bien très puissant et émouvant comme « The funeral pyre ».

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Il faut aussi parler du morceau « The Orgy », composé en association avec sa fille Zoé, alors âgé de 9 ans (ce qui est assez pervers quand on voit la teneur de la scène en question). Une petite mélodie insidieuse et qui matérialise instantanément devant nos yeux et dans notre mémoire des images plaisantes mais aussi perturbantes (la transformation de Doom en reptile géant).

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Il s’agit donc au final d’une B.O tout simplement dantesque, d’une puissance phénoménale et qui est encore considéré de nos jours comme une des meilleures de tous les temps, utilisé régulièrement dans les bandes-annonces (comme celle de « Lancelot », Gladiator » ou encore les jeux « Zelda »). Par la suite, Basil Poledouris continuera de nous offrir des pépites telles que ses collaborations sur « La chair et le sang », « RoboCop », « Sauvez Willy » (parfois la B.O vaut mieux que le film), « A la poursuite d’Octobre Rouge » ou encore « Straship troopers ».

Basil Poledouris (1945-2006)
3 commentaires Ajoutez les votres
  1. Bel hommage à cette pièce maitresse de la bande originale de film.
    Je ne savais rien des primes intentions de De Laurentiis… l’attaque du village par les sbires de Thulsa Doom en 16bits avec riffs de guitare saturée et synthés à la Vangelis… ou de la pop-electro style Eurythmics… AU SECOUUUUUUUUUUUUUURS !!!

  2. Merci beaucoup pour tes compliments Michael.
    Quand au choix de choisir de la musique classique pour accompagner un film, le principal avantage et bien c’est que cela lui permet de mieux traverser l’usure du temps car elle est intemporelle contrairement à certaines musiques qui symbolisent plus une époque et qui accentueront donc son côté « dépassé » ou encore « kitch ».
    Et effectivement, imaginer en fond sonore l’horrible son de la pop des 80’s (avec ses fausses batteries et ses synthés foireux) me fait moi aussi un peu horreur.

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