Bill Deraime à La Poudrière le 10 mars

Bill Deraime à la Poudrière

A l’occasion de la venue de Bill Deraime à Rochefort à La Poudrière le 10 mars, j’avais envie de vous retracer son parcours, histoire de comprendre que c’est un grand bonhomme que vous allez rencontrer à ce concert.

Go !

Né en 1947, Bill Deraime est trop pris par la musique américaine pour s’intéresser sérieusement à ses études de médecine puis de kiné.
Il débarque à Paris en 1968 et fonde le groupe Wandering qui participe aux hootenanies mythiques du centre américain : scènes ouvertes où chacun peut interpréter deux ou trois titres. Bill chante en anglais des morceaux de Big Bill Bronzy ou Pete Seeger et du Reverend Gary Davis. Il joue dans les MJC les festivals, et sur les routes parcourues en stop ou en traction Citroen, de Paris à Stockholm.
En 1969 avec une bande de musiciens il crée le TMS Folk Center à St Germain des prés, qui propose un concert chaque jeudi soir et une « free clinic » toute la journée.
C’est le temps glorieux et joyeux des hippies, des routards, des communautés et aussi la grande époque des festivals comme Malataverne.

Avec des amis, il fonde le Backdoor Jug Band où, en plus des morceaux joués ensemble, le groupe enregistre un album où chacun peut s’exprimer. En 1973 il part à la campagne pour participer à un centre de post cure thérapeutique : forte et dure expérience, très marquante, avec des braqueurs, des toxicos, un autre type de vie communautaire ! Il restera en contact avec certains rencontrés à cette époque. Mais Bill va reprendre la route en 1975 avec Bill et Flo Blues Tandem et puis un groupe électrique Cargo : de nouveau des concerts, des chansons encore écrites en anglais – mais plus pour longtemps.

Car en 1979 changement de décor, Bill depuis un moment écrit et chante en français et il enregistre son premier album en solo, très bien accueilli. Il s’installe à la Cour des Miracles, à Paris, où il reste deux mois . C’est le moment de sa rencontre avec Mauro Serri qui restera son guitariste à part une petite éclipse.
L’album suivant est salué par les médias et le public, c’est « Plus la peine de frimer » !
Fidèle à ses désirs de s’ouvrir sur le monde, il part passer un peu de temps en Amérique Centrale, dans un camp de réfugiés, avec un ami de toujours qui est Médecin du monde à l‘époque.

Le succès vient avec le troisième album « Qu’est ce que tu vas faire ? » où on trouve « Babylone tu déconnes ! ».

Bill Deraime – Babylone tu déconnes Image de prévisualisation YouTube

S’ouvre alors une période de concerts intense (jusqu’à plus de 120 par an ! !), et un enchaînement d’albums qui finalement le conduit à une année sabbatique bien méritée !

Au retour de l’année sabbatique il recommence à faire ce qu’il fait le mieux : chanter et écrire des chansons.
De nouveau, concerts, albums, et la rencontre avec Steve Cropper qui l’autorise (et lui seul) à adapter en français « Sitting on the dock of the bay » la chanson célébrissime qu’il a composé avec Otis Redding !

Bill DERAIME – Sitting On The Dock Of The Bay Image de prévisualisation YouTube

Autre aventure, un album réalisé en partie en Louisiane à New Orleans avec Cyril Neville.
On ne compte plus les concerts en province, ni à Paris (le Casino, l’Olympia, la Cigale ou le Bataclan plusieurs fois à de nombreuses reprises !)
Et on arrive à treize albums…
Désormais, Bill qui a beaucoup travaillé ce qui au départ n’était qu’un don, maîtrise sa voix et son écriture : leurs couleurs en sont éminemment personnelles.

Lorsqu’il a saisi que c’était la fin d’un époque (celle de ses débuts), il avait déjà changé, il était parti voir ailleurs : Babylone déconnait trop. Oui, Babylone déconnait, le nirvana promis était pulvérisé. Or, cette chanson était une base à partir de laquelle Bill allait construire tout ce qu’il écrirait ensuite.

A travers 13 albums, un fil s’est dessiné : Bill voulait faire ressentir ses propres sentiments de malaise ou d’espoir mais ce pari n’était possible qu’avec une grande légèreté dans l’écriture. De « C’est dur… de se lever quand on est bien au chaud dans l’lit » à « Entre deux eaux… où pour remonter à la surface, il faut souvent toucher le fond », en passant par « Sur le bord de la route… j’ai toujours cette chienne à mes pieds, quand j’essaye de courir elle me mord », sans oublier que « avant la paix… il y a tell’ment de vrais mensonges et de fausses vérités. Tell’ment d’arbres à replanter ».
Le dernier album continue dans ce sens : Bill a plaisir à écrire et il en profite pour affirmer ce qu’il a dans le cœur : maintenant, il peut le laisser apparaître, il a atteint la maturité. Ainsi : « Le système combat la violence et la misère qu’il génère En libéral il étale sa libéralité Mais en fait c’est toujours le vieux dollar vert qu’il sert : Il ne fait que singer l’ancestrale charité Esclaves ou exclus la douleur est la même ….. » Bill annonce la couleur, désormais sans ambiguïté.

Il parle tranquillement de ce qui lui tient à cœur. Posées sur une solide rythmique reggae, de telles paroles deviennent chanson, et s’impriment facilement dans la mémoire.
Ses convictions ont pris du poids, depuis les jours où il était éducateur dans un centre de post cure avant de partir en Amérique Centrale dans les camps de réfugiés, ou dans une favela au Brésil.
Ce qu’il a vu du monde, ce qu’il a lu, ses échanges avec les personnes de la rue, il ne peut pas les garder pour lui, il lui faut les transmettre.
Bill Deraime construit avec entêtement une œuvre composée de chansons qui ouvrent le coeur, donnant la parole à ceux qui n’en n’ont pas.

« Nous ne serons plus jamais seuls A chanter nos chansons Ils ont eu tout c’qu’ils veulent : Ayons c’que nous voulons : Des champs de rédemption… »

Allez zou, bougez-vous, allez à La Poudrière le 10 mars rencontrer ce grand bonhomme : http://www.lapoudriere-rochefort.net/accueil/accueil.html

En attendant,bonne écoute sur Blog-zik, n’oubliez pas de prendre soin de vos oreilles et de rester libre, toujours !

Krol

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