« Braveheart » de James Horner : epic music !

Même si c’est mon 2ème billet sur une de ses BO, James Horner ne fait pas partie de mes préférés de la spécialité. Mélodies simplistes, fortes tendances à la répétition d’un film à l’autre, pas beaucoup de musiques révolutionnaires ou expérimentales mais une sacrée collection de récompenses quand même puisque ce dernier est souvent amené à travailler sur des films mainstream et en lice pour les Oscars et autres, nouvelle preuve de son côté consensuel. Mais il faut aussi être honnête et reconnaître que, tout au long de sa longue carrière (il a fait ses débuts en 1978 à 23 ans), il a quand même signée quelques BO de qualité, apportant une vraie plus value par ses notes (« Aliens« , « Willow » et ce film là notamment).

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Le thème principal tout d’abord est devenu un véritable classique et je dois dire que je lui trouve plusieurs similitudes avec celui de la saga « Le seigneur des Anneaux » qui signera 6 ans plus tard Howard Shore, compositeur autrement plus coté par les cinéphiles très pointus (compositeur attitré de David Cronenberg entre autres). On sent bien la vague inspiration de l’Ecosse mais aussi et surtout de l’Irlande. C’est là où on sent que Horner a fait ses classes sur les bancs du Royal College of London. Sa musique est tout d’abord assez délicate, avec un mélange de violon et de flûte très harmonieux et qui accompagne à merveille les scènes tendres entre William Wallace et sa femme, dans les superbes décors naturels du film.

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Plus tard, afin d’illustrer les scènes de batailles, épiques et brutales, Horner sait faire jouer sa maîtrise de la rythmique dans les très réussies « Battle of Stirling » et « Falkirk« . Si on ne décolle pas comme sur du Basil Poledouris, on est tout de même transporté par les trompettes infernales et des tambours vrombissants. Et comme toujours, il sait faire place à l’émotion.

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Si parfois les violons montent un peu haut et s’étirent, cela ne nous empêche pas d’être touché par ses arrangements. Après plusieurs années de blockbusters, Horner connaît son métier et il signe avec « Braveheart » un chef d’oeuvre accompli, inaugurant de la meilleure des manières son année 1995 (il signera 5 autres BO cette année là !). Il sera d’ailleurs nommé 2 fois en 1996 pour ce film et « Apollo 13 » mais repartira bredouille. La consécration arrivera 2 ans plus tard avec « Titanic« . Mais sa plus belle réussite dans le cinéma mainstream, c’est içi !

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10 commentaires Ajoutez les votres
    1. Bonjour,

      James Horner a beau avoir composé de nombreuses musiques pour des films très populaires, ses mélodies, la plupart du temps, restent assez sommaires je trouve et il suffit d’écouter plusieurs de ses compositions pour voir qu’ils ressortaient régulièrement les mêmes arrangements ou les mêmes thèmes. Ce qui n’est le cas de TOUTES ses musiques, ce n’est pas ce que je dis. C’était essentiellement le cas lorsqu’il avait peu de temps pour travailler dessus. De nombreuses mélodies signées par ce compositeur ont bercées mon enfance et je découvre encore certaines autres avec le temps mais il ne fait pas partie de mes préférés, ce qui est un jugement purement subjectif.

      Ensuite, il est clair et net qu’auprès des cinéphiles « pointus » ou « intellos », Horner avait moins la cote que Shore. Il n’y a qu’à voir la liste des collaborations des 2 hommes, l’un avec le cinéma plus mainstream, l’autre plus souvent du côté du cinéma indépendant. Je regrette naturellement cette classification mais je ne faisais qu’énoncé un fait, la plupart des critiques professionnels (de cinéma ou de musique) préférant largement Shore à Horner.

      Evidemment, je suis triste de la disparition de ce compositeur brillant, doué certes mais inégal, qui a composé de nombreuses musiques sublimes.

      1. Désolé de te contredire mais pas du tout. Je ne sais pas pour les gens du cinéma, mais pour les experts en musique de films, Horner fait partie des grands et des plus respectés, pas Howard Shore. On ne va pas refaire ici l’éternel débat sur les réutilisations régulières de certains de ses motifs. C’est son style et il n’est d’ailleurs pas le seul à le faire (Morricone par exemple). Mais ne pas parler de sa richesse orchestrale et de la brillance d’écriture de ses partitions, c’est aller un peu vite. Soit dit en passant, avant d’engager Howard Shore sur le Seigneur des Anneaux, Peter Jackson voulait James Horner.

        1. ma réflexion concernant la ressemblance entre la partition de J. Horner sur « Braveheart » et celle de H. Shore pour « Le Seigneur des Anneaux » était plutôt en faveur du 1er cité en fait puisque je trouvais que Shore, ultra-célébré par les milieux intellos et de certains amateurs de musiques de films qui kiffent ses partitions minimalistes (le bonhomme a quand même quelques classiques à son actif mais il collabore moins souvent sur des blockbusters donc il est plus expérimental et plus libre, en tout cas selon les critères de certains car perso, je ne trouve H. Shore transcendant), avait fait un peu de plagiat à cette occasion, ce que ses fans n’ont pas relevés quand Horner était régulièrement tancé pour le fait de réutiliser les mêmes arrangements. Et le fait que Jackson ait pensé à Horner avant d’engager Shore devient du coup assez logique (on peut même imaginer que le réalisateur ait demandé à Shore de s’inspirer de « Braveheart »).
          Autre chose, quand Shore a été évincé de « King Kong » par P. Jackson pour être remplacé par J. N. Howard (que j’adore), ça a provoqué quelques remous chez les fans des musiques de films justement.
          Du point de vue des orchestrations, je trouve que Horner utilise une palette un peu plus réduite que d’autres ou bien qui me plaît moins aussi. J’ai adoré certaines de ses musiques et son travail sur « Titanic » est assez impressionnant aussi (hormis le slow de C. Dion, assez pauvre) et sa collaboration avec D. Davis (future compositeur de la trilogie « Matrix » et qui travaille très bien les percussions métalliques) a donné un résultat très enthousiasmant. Horner fût un très grand, sa liste de collaborations est impressionnante et force le respect mais pour moi, encore une fois, j’ai du mal à cause de ses nombreuses répétitions d’arrangements. D’autres, que j’adore, comme M. Kamen, avaient tendance à le faire aussi, mais ça passe mieux chez moi, question de ressenti.
          Pour finir, je trouve que le billet célèbre plutôt bien les divers arrangements d’Horner sur ce film qui utilise à cette occasion (mais aussi sur d’autres projets) une très large palette mélodique, ce qui n’était pas toujours le cas (par manque de temps généralement).

          1. Je comprends ton point de vue. Disons que dans l’ère post-Titanic, James Horner a avant tout cherché à parfaire son style, ce qui lui a été beaucoup reproché d’ailleurs. Il est vrai que son éventail orchestrale s’est considérablement réduit. D’aucuns considèrent qu’il s’agit là de fainéantise, moi je le vois plutôt comme un aboutissement stylistique (quel dommage qu’il soit parti si tôt). Mais il faut garder en tête que James Horner savait composer pour l’orchestre, certains diront même qu’il était orchestrateur avant même d’être thématiseur. Et pourtant, ses thèmes sont ceux qui me bouleversent le plus parmi bon nombre de compositeurs. Disons que c’est une question subjective, personnellement il a toujours été celui qui me touchait le plus dans son écriture, parce que l’essentiel de son travail était de mettre les émotions humaines au coeur de son oeuvre. Mais je comprends que ça puisse être différent pour toi.

  1. Actuellement, la musique de film est en crise et l’absence de vrais orchestrateurs classiques (comme lui mais aussi Goldsmith, Poledouris, Kamen et d’autres) se fait bien ressentir, surtout avec les nouvelles technologies et les nouveaux gimmicks (lire cet excellent article sur vodkaster). Mais j’y suis peut-être allé un peu fort sur son compte.
    J’ai été déçu de voir que c’était lui qui allait faire la musique d' »Avatar » à l’époque… avant de voir le film et de voir que l’ami Horner avait signé une BO formidable. Il était encore capables de coups d’éclats et j’espère qu’il a eu le temps de finir quelques partitions pour les suites du film de J. Cameron. Son classicisme manquera tout comme son côté organique et en phase avec les émotions que tu décris si bien.
    Et oui, je sais qu’à un moment, un compositeur va creuser ses thèmes favoris, tricotant d’infinis variations dessus, au risque de se répéter pour les non-initiés qui regarderont le film d’une oreille distraite et qui n’écouteront pas la BO seule par la suite (ce qui est un tort car ça permet de découvrir certaines notes ou certains arrangement passé inaperçus en salle).
    En tout cas, merci pour cet échange instructif et passionnant.

    1. Et moi j’y suis allé un peu fort dans mon premier commentaire, c’est mon côté provoc’. Mais je pense en effet qu’Horner mérite largement sa place au panthéon de la musique de films, parmi les plus grands. Avatar a signé son retour en force dans la musique hollywoodienne, mais ce n’est pas son seul coup d’éclat des années 2000/2010 : il faut se rappeler de The New World pour le film de Malick, d’Un Homme d’exception, de ses Zorro, de sa collaboration avec Annaud sur Stalingrad ou plus récemment le Dernier Loup (je te le conseille vivement) ou encore The Karate Kid qui fait pour moi partie des derniers classiques du bonhomme. Malheureusement non, tu n’entendras pas sa musique dans les suites d’Avatar, il devait commencer à travailler sur ce projet avant la fin de l’année 2015… Cela n’aura pas lieu.
      Il manquera, c’est certain, et d’autant plus dans la paysage désolé de la bande originale d’aujourd’hui que décrit l’article avec tant de justesse (merci pour le lien !).
      Quoiqu’il en soit, l’échange fut passionant pour moi aussi.

  2. Merci pour les conseils, je vais essayer de me les procurer.

    A ta liste de classique des années 2000, je rajouterai également « Apocalypto » que j’ai également chroniqué sur le blog et qui m’a réconcilier avec le bonhomme. En fait, avant de voir son nom au générique de fin, je n’aurai msé un centime sur sa participation à cette BO.

    Dommage pour « Avatar », j’attends du coup avec une certaine crainte l’annonce de son remplaçant même si je doute que Cameron prenne un tâcheron de la discipline. D’ailleurs, tu as un choix idéal ? Perso, je vois bien M. Giacchino qui est très doué.

    1. Étrangement je n’ai toujours pas réussi à écouter Apocalypto ! Il faut absolument que je m’y mette, mais cette partition ne fait je pense pas partie de l’esthétique musicale que je préfère chez Horner.

      J’ai un peu peur pour Avatar, Cameron a l’air de porter en haute estime l’ami Zimmer… Giacchino me paraît être le choix idéal en effet, c’est l’un des seuls de la nouvelle génération à composer à l’ancienne. Je pense qu’il a le bagage classique et le talent pour prendre la relève, d’autant que son style s’affine de plus en plus. James Newton Howard pourrait faire de bonnes choses également. L’avenir nous le dira…

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