Cloclo et le syndrome veste paillettes

Allez, il recommence à faire frisquet, on lâche les terrasses, on retourne DOCILEMENT à nos ordinateurs, on se reconcentre sur L’ESSENTIEL. Et dans cet essentiel, j’ai une question pour vous : une fois la sortie du biopic Cloclo passée, que reste-il du déluge de froufous, des 80 costumes, 247 décors, 5 perruques et de la prothèse nasale ? Qu’est-ce que ça nous apprend sur les liens de la fashion et de la musique ?

D’abord le constat : Jérémie Renier porte SUPER BIEN le patte d’eph’. Il l’avait déjà montré dans le délicieux Potiche, mais là pendant 2h28, c’est magistral, c’est du César en puissance. Pour l’Oscar on ne promet rien, il est un peu moins sexy que Jean et moins mignon que Marion, mais pour se déhancher dans de la veste cintrée paillettes en moulinant les bras, il est le seul, on s’incline. Tout est parfaitement reconstitué, les costumes de Mimi Lempicka nickel. Tout est repassé comme ses chemises et rectiligne comme la ligne de ses pantalons, tout est hypersignifiant :

Le petit Claude a la chemise propette du fils à papa-maman, mais il a tout de même les pieds nus, le démon de la danse l’agite, le grand Claude drague dans sa voiture, à l’américaine, mais plie son pantalon, un peu déviant, Claude a plein de chemises à la mode et un slip moulant bleu dans sa piscine en forme de coeur mais tout ça est trop, Claude porte du cuir noir et des Ray-Bans, il s’y croit, il se fait déshabiller par des pré-bimbos à bord de son propre avion, il est fin dingue, il va mourir et d’ailleurs il va mourir nu comme un ver, ah, belle leçon de l’histoire ! L’habit fait la pop-star et la nudité le chanteur christique…

Bref, le film est joli – mais long. Heureusement que Jérémie apporte sa grâce juvénile à la garde-robe hypertrophiée. De toutes façons, Cloclo, on le découvre aussi bien en quelques minutes de vidéos d’époque…

Là, deuxième constat : en vrai, il était RINGARD.  Toujours over-dressed. Donc toujours démodé. Des vêtements collés-serrés sur un corps qui ne veut qu’une chose, capter la lumière, faire le job avec une innocence folle, perceptible dans les play-backs approximatifs, les chorégraphies trop rapides et mécaniques, ces claudettes quasi nues et pourtant pas encore indécentes… Il s’accrochait à la fringue d’une manière compulsive et maladive, érigée en système, un vrai cas d’école.

Dans ce titre, hum hum, disons oubliable, il suffit de regarder les robes guirlandes de Noël des Claudettes, un must, alors que Cloclo valse du jabot très soirées de l’ambassadeur, au velours rougeoyant 70′ jusqu’au beigeasse gentleman farmer :

Les jeunes langues de vipère du magazine en ligne Retard ont enquêté, il portait des chemises-body, pour que ça ne glisse pas, c’est tout de même limite pour un gentleman farmer…

Aujourd’hui les chanteurs français, sans doute traumatisés dans leur petite enfance, préfèrent débouler sur scène dans une vague chemise passe-partout, on les comprend. Troisième et dernier constat : C’est très dur d’être à la fois ringard et totalement sincère, de n’être que dans le show et de remporter la mise. Ça a eu lieu une fois. ON NE SAIT PAS SI ON S’EN REMETTRA UN JOUR.

Allez, bientôt des révélations sur le grand Albert Elbaz qui vient de dessiner la garde-robe de Jeanne Balibar pour un biopic de Barbara.

Non, c’est pas vrai mais ça pourrait. A bientôt !

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Cloclo ringard ? Chorégraphies trop mécaniques ? Oula… On ne doit vraiment pas connaître le même artiste j’ai l’impression ! Mais bon, la jalousie fait toujours baver je vois, ça fait 37 ans que ça dure… Toujours est-il que je comprends mieux pourquoi les chanteurs d’aujourd’hui ne font plus de carrière… A+

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