Hommage en musique au réalisateur Tony Scott.

Le 19 août dernier, le réalisateur Tony Scott se suicidait à l’âge de 69 ans, sans doute atteint d’une maladie grave. Peu apprécié des cinéphiles bobos qui ne voyait en lui qu’un simple faiseur d’images au style insupportable (bien que reconnaissable entre 1000 selon eux, ce qui en fait, de facto pour moi, un grand metteur en scène), ce cinéaste était cher à mon coeur et à celui de plusieurs cinéphages, à l’esprit plus ouvert, car il faut bien reconnaître que si ses films divisent, ils portent sa marque et certains sont de vrais bijoux du genre, des trésors de mise en scène et des champs d’expérimentation riche en trouvailles. Et puis il y a aussi quelques BO cultes dans le lot.

Tony Scott (1944-2012)

Scott commence sa carrière dans le cinéma en 1982 avec « Les prédateurs » au générique duquel on retrouve Catherine Deneuve, Susan Sarandon et la pop-star David Bowie, compatriote de Scott. Avec son frère Ridley et quelques autres, Tony Scott fait partie de la « Brit Invasion » qui déferle sur Hollywood, même s’il castera plus souvent des stars américaines que les autres. Le film est un échec (malgré le soutien de la Croisette) et il lui faudra 3 ans avant de trouver un nouveau job. Un film dont il se fera viré 3 fois au cours du tournage. Un film qui a façonné une icône et donné une imagerie de rock star aux personnages qu’il dépeint (c’est qu’avait ressenti Scott en rencontrant ces gars). Un film qui a fait basculer Hollywood dans une nouvelle ère. Un film à la chanson d’amour devenue culte. « Top Gun« .

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Après le méga-carton planétaire du film, inutile de dire que les portes sont désormais grandes ouvertes devant le réalisateur. Le duo Simpson/Bruckheimer (déjà à l’oeuvre sur « Top Gun« ) lui propose alors de réaliser la suite d’un de leur plus gros succès : « Le flic de Beverly Hills » (avec le fameux thème de Harold Faltermeyer, aussi à la baguette, enfin au synthé, sur « Top Gun« ). Il signera aussi pour le studio « Jours de tonnerre » avant de partir vers la concurrence (les productions Joel Silver) pour signer « Le dernier samaritain » (avec Bruce Willis) et travailler avec Michael Kamen. Si le thème principal n’est pas inoubliable, la chanson country-rock de l’intro (et la formidable séquence qui suit) reste par contre assez mémorable dans mon esprit.

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Après ça, il signe son film le plus apprécié des bobos, « True romance« , dont le scénario est signé par Quentin Tarantino. Scott respectera le script de QT le plus possible, ce qui lui vaudra le respect et le soutien de ce dernier (au contraire d’Oliver Stone, qui a largement remanié celui de QT pour « Tueurs nés« ). La BO est d’ailleurs largement influencée par les goûts de l’enfant terrible du cinéma US. Retour au blockbuster tonitruant avec « USS Alabama« , musique signée Hans Zimmer. Un classique du genre et le mètre-étalon du style Zimmer, en plus d’être un thriller réussi qui propose un face à face monstrueux entre Gene Hackman et Denzel Washington.

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L’échec de « Le fan » ne le condamne pas auprès des studios et il signe son plus gros succès depuis « Top Gun » avec « Ennemi d’état« , après s’être convaincu lui-même (il n’aimait pas le scénario) puis  Gene Hackman de faire le film. Quand à Will Smith, le simple fait de travailler avec la légende Hackman lui a suffit pour s’embarquer dans l’aventure. La BO est signé du duo Trevor RabinHarry Gregson-Williams, 2 des compositeurs les plus honnis du cinéma mais je dois dire que leur petit bidouillages sonores m’ont plutôt plu, avec ce mélange de tapis de violons et de sons électroniques. Quand au film, c’est la version 2.0 des classique 70’s du genre « film d’espionnage paranoïaque » qui garde aujourd’hui une efficacité visuelle impressionnante et un propos plus que jamais d’actualité à l’heure de Facebook et du Patriot Act. Il faudra attendre 2004 et « Man on fire » pour retrouver un Tony Scott au sommet de sa forme, avec le seul film qui lui ai vraiment tenu à coeur et pour lequel il s’est impliqué et appliqué : « Man on fire« .

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C’est son chef d’oeuvre total et définitif (rarement un film m’avait autant ému, à chaque vision plus encore), avec une BO mortelle signée Harry Gregson-Williams. Rempli de gimmicks sonores (petit accords de guitare, riff démentiel piqué à Nine Inch Nails plus diverses expérimentations, sans parler de la magnifique chanson finale « Una palabra » ou de la magnifique voix de Lisa Gerrard) mais aussi avec une mise en scène aboutie, qui creuse le style Scott, avec un travail en longue focale étourdissant, des effets de lumière brillants et tout un tas de petits artifices certes agaçant dans certaines scènes mais diablement bandant dans d’autres. Ce style trouvera son aboutissement ultime avec l’ultra-expérimental et radical « Domino » l’année suivante. La suite sera plus ronflante, Scott enchaînant les commandes après le gros échec de « Domino« , enchaînant « Déjà vu« , « L’attaque du métro 123 » (son plus mauvais film) et le très fun (et parfois profond) « Unstoppable » où l’on sentait qu’il reprenait du poil de la bête. Il aimait à dire que si son frère Ridley faisait des films pour la postérité, lui préférait un cinéma plus rock’n’roll donc plus enthousiasmant, plus vivant, plus riche, plus foisonnant et qui mérite d’être ré-évalué.

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