« Le chant des sirènes » d’Orelsan.

Orelsan s’était attiré les faveurs de la critique avec son 1er titre « Changement » issu du très drôle « Perdu d’avance« . Mais bon, aucun rappeur ne devant être fréquentable, on a déterré une chanson même pas présente sur l’album et jamais joué en live : « Sale pute ». Boudé par les festivals, incompris, le succès relatif du disque (sur le label indé 3ème bureau) le pousse vers une sorte de déprime. Il se remet en question, bosse comme un dingue et accouche finalement de « Le chant des sirènes« . Et il remet les choses dans l’ordre tout en confirmant son talent.

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On ouvre avec « Raelsan » dans lequel il règle ses comptes et annonce la couleur. Bonne production, rimes acérées, regard pertinent. Confirmation avec le titre suivant « Le chant des sirènes« , fiction qui raconte ce qu’aurai pu être sa carrière, rappelant par certains côtés « Le chanteur » de Daniel Balavoine (oui, je sais, c’est un grand écart à se péter l’adducteur que je fais mais bon). Dans « Plus rien ne m’étonne« , il dresse le portrait acide de la nouvelle génération d’ados et se sent dépassé (alors qu’il est même pas trentenaire). Vient ensuite l’hilarant « Mauvaise idée » et son beat impeccable et ses punchlines très fun. On enchaîne avec « Double vie » dans lequel il décrit le dilemme d’un garçon amoureux mais qui trompe sa copine sans arrêt. Portrait virulent d’une certaine frange de la gent masculine qui fait mouche.

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La chanson suivante « Finir mal » peut se voir comme la suite de la piste précédente, une fois que le coureur se sera fais largué et qui ouvre enfin les yeux. Dans « Si seul« , il calme le rythme et pose sa voix pour un titre aérien et loin des clichés du genre mais toujours aussi vindicatif. « Des trous dans la tête » est une évocation très drôle et rythmé d’un lendemain difficile et assez pathétique, qui se conclut d’une façon terrible mais très réaliste. Avec « La petite marchande de porte-clefs« , il signe un titre poignant, glaçant et d’une cruauté rare, le tout avec une mélodie douce et une voix idoine. Un chef d’oeuvre.

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« La Terre est ronde » est sympathique mais sans plus. « 1990 » (et son beat funky délicieux) et sa suite « 2010 » se répondent avec beaucoup de bonheur et les références à la pop culture font mouche, « 2010 » peut aussi se voir comme le prolongement de « Changement » et réserve quelques passages savoureux dans lesquels le flow d’Orelsan s’emballe. Avec « La morale« , il raconte la vie pas toujours très rose d’un de ses potes et constitue un appel au secours autant qu’une très belle chanson sur l’amitié. Ledit pote, Gringe, fait ensuite un duo avec lui pour un résultat bluffant et entraînant qui fait décoller le kiffomètre. Puis c’est le sauvage « Suicide social » qui fait écho à la fameuse scène du « Fuck you » dans « La 25ème heure« . Interprétation profonde, lyrics en feu, beat mortel bref, c’est un morceau incontournable et réellement brillant dans sa structure. On conclut avec « Elle viendra quand même« , excellent morceau dans lequel regarde la mort bien en face et résonne longtemps grâce à son excellente instru.

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Au final, Orelsan s’impose grâce à son flow bien particulier, qu’il varie avec virtuosité au cours des morceaux, il soigne ses textes et Skread nous offre des instrus variés, mêlant electro, funk, classique dépouillé et beats soignés. Un disque qui mérite d’être écouté des dizaines de fois, rien que pour apprécier certains textes ciselés avec un talent d’orfèvre.

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