Paco de Lucia s’est éteint…



Le guitariste espagnol de flamenco Paco de Lucia est décédé au Mexique.

« Né en 1947, il s’est éteint à l’âge de 66 ans d’une crise cardiaque. Il était considéré comme l’un des grands maîtres de la guitare flamenco.

Les drapeaux de sa ville natale, Algeciras, étaient en berne ce matin, et la mairie a décrété trois jours de deuil. La disparition du guitariste virtuose représente « une perte irréparable pour le monde de la culture, pour l’Andalousie », a déclaré le maire d’Algeciras, José Ignacio Landaluce. « La mort de Paco de Lucia transforme le génie en légende. Son héritage restera pour toujours, de même que la tendresse qu’il a toujours épouvée pour sa terre », ajouté le maire dans un communiqué.
« Bien qu’il nous ait quittés, sa musique, sa manière géniale d’interpréter, son caractère, resteront toujours parmi nous
« , a ajouté le maire alors que la ville s’apprêtait à rendre un hommage ému au guitariste. »
source AFP

« Entre dos aguas » un des morceaux phare de Paco de Lucia, était un hommage à Algeciras, sa ville, géographiquement entre 2 eaux, puisque c’est là que l’Atlantique et la Méditerranée se rejoignent. Ou plutôt, se rencontrent. (NDLR)

Festival de Jazz de Montreux 1978

« Triste nouvelle que l’annonce du décès du plus grand guitariste espagnol Francisco Sánchez Gomez alias Paco de Lucía en ce mercredi 26 février 2014. L’artiste s’est éteint au Mexique à l’âge de 66 ans d’une crise cardiaque. Considéré comme le plus universel des artistes flamenco, l’artiste andalou a tout au long de sa vie fait évoluer la guitare flamenca et a modernisé le flamenco traditionnel en l’associant avec le jazz et en puisant son inspiration dans divers horizons musicaux.

Né le 21 décembre 1947 à Algeciras dans la province de Cadix, Paco de Lucía apprend durement la guitare dès l’âge de cinq ans avec son père. Ses frères, Ramón de Algeciras et Pepe de Lucía deviendront respectivement guitariste et chanteur de flamenco. Dès l’âge de 12 ans, le jeune prodige évolue sur les planches de salles flamenco, les « tablaos », jouant la nuit et rapportant de l’argent à la maison. A quatorze ans il part en tournée aux États-Unis avec la compagnie de danse de José Greco et y rencontre les guitaristes flamenco Mario Escudero et Sabicas. Il sort son premier disque en 1965 avec Ricardo Modrego.
Même si Paco de Lucía est resté discret, très humble durant toute sa carrière, l’artiste andalou n’aura eu de cesse de faire évoluer le flamenco et ses codes comme il le fera avec l’immense chanteur Camarón de la Isla, mort en 1992, avec qui il enregistrera neuf albums entre 1969 et 1977.

http://youtu.be/dIueBl56MV8

Dans sa quête permanente d’évolution du flamenco, Paco de Lucía va se tourner vers le jazz et ses musiciens. A la fin des années 70, il se familiarise avec l’improvisation et joue avec des musiciens comme John McLaughlin, Al Di Meola ou Larry Coryell (sur « Castro Marín ») et sort en 1981 le fameux « Friday Night in San Francisco » avec McLaughlin et Meola. La même année il monte le Paco de Lucía Sextet avec Pepe de Lucía et le guitariste Ramón de Algeciras puis Chick Corea ou Al Di Meola et sort en 1984 le superbe « Live one summer night ».

Si il a multiplié les expériences musicales, Paco de Lucía n’en est pas moins resté fidèle à la musique andalouse et espagnole comme avec ses nombreuses interprétations grandioses des thèmes des compositeurs espagnols Isaac Albeniz ou Manuel de Falla, les poèmes de García Lorca et évidemment du Concerto d’Aranjuez de Joaquín Rodrigo.

« Quoique je fasse, mon son sera toujours flamenco. Ce qui me donne la force et motive mon jeu, c’est précisément le fait que je suis un joueur de flamenco ».
Son dernier album studio « Cositas Buenas » enregistré avec le guitariste Tomatito est sorti en 2004, la même année il recevait à Oviedo le prix Prince des Asturies des arts, le plus prestigieux d’Espagne. Excepté « En Vivo (Conciertos España 2010) » publié en 2011 l’artiste en chemise blanche et pantalon noir était en tournée parfois avec orchestres classiques.
Il vivait entre l’Espagne et le Mexique.
Lors de ses rares interviews, Paco de Lucia rappelait qu’il devait sa carrière à son père, chanteur flamenco méconnu. « Les gitans sont meilleurs parce qu’ils écoutent de la musique depuis leur naissance. Si je n’étais pas né dans la maison de mon père, je ne serais personne aujourd’hui. Je ne crois pas au génie spontané. Mon père m’a obligé à jouer de la guitare quand j’étais petit », affirmait-il dans son livre « Paco De Lucia. A new tradition for the flamenco Guitar ». « 
Source FIP radio.

Je n’aurais pas mieux dit. J’ai repris la presse. Bouleversée, je suis. Ne m’en veuillez pas.
Faut-il mourir pour être considéré comme une légende?
Le mieux c’est de l’écouter.
Se laisser envahir par l’émotion, et pour ma part chercher dans mon souvenir ce soir où, il y a fort fort longtemps, je l’ai rencontré. Qu’il a joué toute la nuit, en compagnie de mes parents.
A Algeciras. Entre deux eaux.

« penses tu que les hommes qui naissent au bord de la mer sont différents?
– (…) ils sont plus rêveurs, ils ont conscience de la liberté, je ne peux pas rester sans voir la mer, j’ai besoin de cette immensité »

(extrait d’interview)


Ne vivez jamais sans musique.

3 commentaires Ajoutez les votres
  1. Beau timbre commémoratif sorti en Espagne, sur Paco de Lucia. Si vous m’envoyez une adresse, aujourd’hui ou demain, je vous envoie une carte postal avec le timbre en question.

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