Bad Brains groupe culte de la scène punk rock

Bad Brains est un groupe de Punk Hardcore & Reggae (oui, oui Reggae) créé en 1977 dans le berceau du punk à Washington DC. Le groupe est composé de quatre afro-américains qui de plus sont rastafaris ! Ces ovnis sont devenus un groupe culte de la scène punk-rock américaine.

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Issus, au départ d’un groupe de Jazz Fusion, inspiré par Earth Wind & Fire, Chick Corea ou encore Stanley Clarke, ils officiaient sous le nom de MIND POWER. Ils sont 4 : Le chanteur Paul Hudson alias HR (pour Human Right), le bassiste Derryl Jenifer, le guitariste Gary Miller (Dr Know) et le frère de H.R, Earl Hudson à la batterie. (Par la suite il y aura diverses compositions du groupe)

La découverte du Punk, dans un premier temps des Sex Pistols et des Ramones, puis de The Damned et autre Dead Boys les feront changer radicalement de style. Ils deviennent un groupe de Punk Hardcore composé d’excellents musiciens (assez rare à l’époque chez les punks), tous black et portant des dreadlocks. Ils se font dorénavant connaître sous le nom de BAD BRAINS (le nom du groupe est tiré de la chanson des Ramones « Bad Brain »)

Ils commencent par faire la première partie de The Damned au célèbre club le CBGB’s de New York, scène qu’ils fréquenteront assez souvent à partir de 1977. Le groupe a pour ambition de jouer bien plus technique et plus rapide que The Ramones. Ils ont la particularité de placer d’excellents morceaux de reggae entre deux chansons punk survoltées.

Ian Mackaye (Minor Threat / Fugazi) annonce la couleur, dans le documentaire qui leur est consacré « Bad Brains – A band In DC » : « This band is crazy! » (ce groupe est fou), le bassiste Derryl Jenifer lui rétorque illico : « ce groupe n’est pas fou, le chanteur du groupe est fou ».
Certes les musiciens sont très bons mais c’est la présence et la performance scénique de H.R qui a construit la légende des Bad Brains. Lorsque H.R se déhanche frénétiquement, saute dans le public et hurle violemment dans son micro en faisant voltiger ces drealocks le public est très rapidement conquis et surexcité.

« Saillin’ On » sans doute le morceau le plus connu des Bad Brains

Bad Brains joue extrêmement vite, avec une intensité rarement égalée. Ils mélangent le punk-rock, des solos heavy metal et des passages reggae et dub. Alors que la scène est principalement blanche, les rastas punk font la différence et se distinguent de la majorité des autres groupes et deviennent ainsi un groupe culte.

Ne vous y trompez pas en regardant cette vidéo (Live au CBGB’s en 1982) il y a bien des paroles dans « Big Take Over », malgré le bordel ambiant. Il suffit de regarder la fille habillée en rouge à gauche de H.R pour voir que les fans connaissent même les paroles par cœur. Accrochez-vous ça déménage.

« No one dared to show for that shower, when nobody turned out to be clean,
was not even touched by the water, just another Nazi scheme.
Yeah, The Big Takeover yeah-ah-, My, big Takeover yeahh,yeahhh. »

Le groupe a une influence majeure sur de nombreux artistes : des Beastie Boys, à Henry Rollins (Black Flag / Rollins Band) en passant par Dave Grohl (Nirvana / Foo Fighters). Tous le considère comme LE groupe majeur du punk-rock. Adam Yauch (RIP) des Beastie Boys produira l’album « Build a Nation » en 2007.

« I and I survive » morceau reggae des Bad Brains sur l’album indispensable « Rock For Light »

ANECDOTE 
Je profite de cet article pour évoquer une anecdote peu connue et très drôle, concernant une démo du groupe enregistrée au Texas. Cette histoire m’a été racontée par notre ami et rédacteur Géant Vert (Journaliste spécialisé Punk-Rock, notamment chez Rock & Folk), attention c’est du lourd :

« Le groupe était supposé rester quelques temps dans la périphérie d’Austin pour enregistrer quelques démos pour un label du coin. En fait, derrière tout ça, il y avait un deal d’herbe entre les mecs du studio et le chanteur de Bad Brains qui devait envoyer la came côté Est. Pendant tout leur séjour, les Bad Brains ont bien fumé comme des malades jusqu’au moment ou le chanteur s’est rappelé qu’il était supposé la vendre. Comme le groupe était trop défoncé pour jouer, le contenu des pistes était à l’avenant ; alors H.R a fait semblant de s’apercevoir que les types du studio étaient gays, une chose inconcevable dans le rastafarisme. Il les a traité de pédales, de traîtres à la cause musicale, bref, tout ce qui était nécessaire pour mettre fin au deal d’enregistrement. Des années après, il y a eu cette histoire de concert qui tourne mal qui commence à être racontée à droite et à gauche ;  que c’est un sachet d’herbe de mauvaise qualité à quarante dollars qui aurait cassé la bonne ambiance et tout et tout. Si cette explication a été avalé par la plupart des journalistes, groupes, etc, c’est surtout parce que les locaux ne pouvait pas reconnaître publiquement (et au Texas) qu’ils avaient dealé de la dope des années plus tôt pour financer le punk rock régional. Il s’agissait d’un putain de paquet de dope et pas d’un deal à deux balles comme raconté plus tard. » (Géant Vert)

Les Bad Brains seront actifs entre 1977 et 1995, puis de 1998 à 2006, mais la carrière du groupe est chaotique et les séparations et reformations vont bon train. La personnalité sévèrement perchée et capricieuse du chanteur H.R n’aide pas le groupe à perdurer. En 2006, lors d’une énième reformation le chanteur se présente sur scène avec un casque de moto sur la tête et chante de manière totalement inaudible, quelques mois plus tard à Boston il refuse de chanter et remercie le public entre chaque chansons avec un sourire radieux.

Ils ont enregistrés 10 albums entre 1978 et 2012.

  • 1978 : Black Dots (Démo)
  • 1982 : Bad Brains (The ROIR Sessions)
  • 1983 : Rock For Light
  • 1986 : I Against I
  • 1989 : Quickness
  • 1993 : Rise
  • 1995 : God of Love
  • 2002 : I & I Survived (dub)
  • 2007 : Build a Nation (Produit par Adam Yauch des Beastie Boys)
  • 2012 : Into the Future

Je vous conseille vivement d’écouter ou de re-écouter les albums des Bad Brains, surtout les 3 premiers « Black Dots » (bien que le son ne soit pas terrible), « Bad Brains » et « Rock For Light », je ne saurai que trop vous recommander de regarder le reportage « Bad Brains – A Band In DC » (non traduit) et de visionner le concert complet de 1982 au CBGB’s.

Si il y a encore des gens qui ne connaissent pas Bad Brains, il n’est pas trop tard pour se rattraper, punks not dead.

Bad Brains A band In DC (Documentaire)

Live au CBGB’S en 1982

Bad Brains version Reggae.

« Oï! Jah Rastafari » stef! pour blog-zik.com

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