El Camino, nouvel album des Black Keys

Rappel des faits :
The Black Keys se sont fait connaitre en 2002, avec l’album « The Big Come Up ».
Le duo composé d’un chanteur-guitariste Dan Auerbach, et d’un batteur Patrick Carney entonne un Blues Rock granuleux, rythmé, Voodoo.
« The Freakness », « The Moan », « Rubber Factory » me parlent tous tellement, truffés de références claires que je commence à vraiment bien aimer ce groupe!

Leur excellente reprise de « Have Love Will Travel » (chanson qui fait partie de mon Top Five des chansons qui se dansent en soirée) sonne du fond du garage, comme une incantation au bon vieux White Rock Blues comme on l’aime, et m’a tout de suite donné envie d’en écouter encore, et encore…
Viennent « Magic Potion » et « Attack&Release ».
Aaaah, que c’est bon, ce son, ils assurent ces gars là, élevés aux Cramps, Gary Glitter, Sonics, et Big Bill Broonzy samplé par Calexico

Les Black Keys viennent de sortir leur dernier album.
J’apprends cette nouvelle avec joie.
Après nous avoir tenus en haleine avec ce tube ultra dansant Lonely Boy et déjà repris par des groupes californiens sur Youtube, ça y est, « El Camino » est dans les bacs!
J’adore ce titre, « Lonely Boy » et le clip est à la hauteur de ce que me procure le morceau, une envie de guincher à perdre haleine, j’en ai déjà fait l’hymne de la bonne humeur.
Trépidante, curieuse, je me le procure, et me languis du moment où je vais pouvoir l’écouter.

Là… enfin, c’est LE moment.
Pour ne pas démarrer par ma chanson préférée, que je garde pour la fin, je lance en premier la deuxième piste. Le titre me plait « Dead and Gone ».

3.41 minutes après, je n’ai pas vraiment adhéré, mais bon. Ok, un petit lala lala sixties, pourquoi pas. Pas totalement ce que j’attendais, mais j’écoute.
« Gold on the Ceiling » me donne la banane, je tape du pied par terre, le riff, je kiffe.
« Little Black Submarines » me ravi! Jack White a du passer prendre l’apéro au studio, et finalement c’est de bonne guerre, entre duos guitare-batterie et nom de couleur, que de fraterniser pour ne nous donner que du bon.
Des Notes Noires, des Lignes Blanches, le titre est juste énorme, dans la lignée de Broken Boy Soldier.

Mais j’écoute la suite, et me voilà en train de danser dans mon fauteuil, la transe commence, « Money Maker » va faire partie de ma play list, simple efficace. Voilà que le solo m’ensorcèle, m’envahi, hypnotique wah-wah, psyché, le chant enfumé, pourtant limpide va me poursuivre, comme un envoûtement.
« Run Right Back » démarre trop tôt dans ce quasi extase, et me trouble, toujours puissant.
« Sister » démarre comme un drôle de truc, des réminiscences disco, ba-bou ba-boum me laissent un peu pantoise. je zappe.
On m’en avait pourtant dit du bien, ce vieux copain, branché électro, j’aurais du me méfier.
Comme dit l’adage Wampas : « ne croyez jamais un gars qui écoute de l’électro après avoir joué du punk. »

The Black Keys
The Black Keys - © D.R

La piste suivante ne me réconcilie pas tout à fait et je décide de zapper encore, « Hell of the Season » je le garde pour une écoute ultérieure.
« Stop Stop » s’inscrit plus dans une lignée sixties, chant Motown, batterie these boots et guitares Bullit chères à Lalo Schiffrin dès le début s’épanouissent en solo légèrement Paul Weller, bref, le titre Mod de l’album.
Le cocktail me séduit. Ouf!
Et les voilà qui recommence avec « Nova Baby », cette fois ils ont écouté un peu les Clash avant d’aller répèter, ils auraient peut-être du approfondir?

Mais quelle drôle d’idée ont-ils eu en composant ce dernier opus?
Ils semblent eux-même s’interroger, si l’on veut croire que le dernier titre « Mind Eraser » voudrait effacer quelque chose.
Mais quoi?
Heureusement, j’ai gardé le meilleur pour la fin… « Lonely Boy » est terrible, dansant, chantant, je connais les paroles par cœur!

Je reste un peu dubitative sur cet album, je m’attendais tant à quelque chose d’autre…
La suite des précédents, je sais c’est facile à dire, dans l’esprit des Dirtbombs, blacksoul sixties blues rock, ce qui pour moi est un enchantement.

Alors, si on me demande « El Camino, ça donne quoi? » je me permettrais de répondre nonchalamment que General Motors a commercialisé la Chevrolet El Camino dans les années 59-60, un coupé utilitaire à plateforme, pour faire concurrence au Ranchero de Ford.
Il est donc l’ancêtre des muscle cars, des pick-up… des trucs puissants, biens foutus, carrément grisants par moment, assez lourdingues aussi, sans doute utile selon les cas, mais absolument pas nécessaires.

A écouter cependant…

par Bea Fal.

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