Ennio Morricone mais sans western dedans !

Véritable institution dans le domaine de la BO, l’italien Ennio Morricone s’est fait connaître en donnant une nouvelle sonorité au western grâce aux films de Sergio Leone. Si ces différentes compositions sont admirables, révolutionnaires, sublimes et anthologiques, il est dommage de réduire un artiste aussi important et prolifique à quelques partitions. Oui, car le vénérable Morricone a composé plus de 500 partitions (!!) en plus de 60 ans de carrière (cinéma mais aussi TV, courts, docus), empilé les récompenses (près de 50) et vendus plus de 70 millions d’albums dans le monde. Une légende on vous dit.

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La seule fois où Leone et Morricone ont collaboré dans un autre genre que le western, ce fût pour le colossal « Il était une fois en Amérique« , dernier volet de la trilogie de l’Amérique par le grand Sergio. Morricone fût impliqué très tôt sur le projet (1974, à l’époque où Leone écrivait sa 1ère version du scénario) mais le projet ne vit le jour que bien plus tard. Ce qui n’empêcha pas le compositeur de livré sa partition bien avant le lancement du casting. Leone se servit de la musique de Morricone sur les plateaux afin d’immerger les acteurs dans l’ambiance et affiner son découpage dès le tournage. Le résultat est une splendeur, une merveille de mélodie finement ciselée qui vous prend aux tripes, notemment le thème de Deborah. Délicat agrégat de notes subtiles et de longs silences, elle appartient au Panthéon de son auteur.

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Il collabora aussi avec d’autres cinéastes de son pays natal comme Bernardo Bertolucci (« 1900« ), Pier Paolo Pasolini (« Des oiseaux, petits et gros« ), Dario Argento (« Le chat à 9 queues« ), Gillo Pontecorvo (« La bataille d’Alger« ) ou encore Guiseppe Tornatore (« Cinéma Paradiso« , l’un des film préféré de notre rédac’ chef).

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Très apprécié en France, il travailla ainsi pour Jacques Deray, Georges Lautner, Francis Girod ou encore Henri Verneuil, signant les musiques cultes de « Le professionnel » (malheureusement ringardisé par la pub Royal canin et par extension celle de Royal Rabbin), « Le clan des Siciliens« , « I…comme Icare » et bien d’autres.

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Courtisé par Hollywood (bien qu’il refusa toujours de s’y installé), il glana quelques récompenses grâce à ses collaborations sur « Mission » ou « Les incorruptibles« , travaillant avec William Friedkin, Richard Fleisher (sur l’improbable « Kalidor, la légende du Talisman« ), Barry Levinson, Wolfgang Petersen (sur « Dans la ligne de mire« , ce qui lui permit de mettre à nouveau en musique Clint Eastwood pour la 1ère fois depuis 26 ans !) ou encore Mike Nichols.

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Une carrière colossale, un culte voué par des centaines de cinéastes de par le monde (dont QT, qui voulait le prendre sur « Inglorious basterds« ), une influence majeure sur ses contemporains grâce à sa maestria à marier les instruments et une quarantaine d’airs intemporels et inoubliables, voilà la carrière d’Ennio Morricone loin du western spaghetti. Un mythe, une institution, une source d’inspiration.

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5 commentaires Ajoutez les votres
  1. J’adore Morricone (même si je n’en parle pas sur mon site sur la musique classique – hop, petite pub sauvage) mais c’est vrai que je m’étais limité à ses « tubes » les plus connus 😀 Merci pour l’article 😉

  2. Merci pour ton commentaire et tant mieux si celà t’as permis de découvrir des nouveaux morceaux de cet artiste. Surtout que la liste de ses collaborations est immense et d’une variété inouïe !

  3. Merci pour cet article rendant hommage à Ennio Morricone.
    J’ai pu réecouter le thème de « il était une fois en Amérique » que je trouve d’une grande sensibilité.

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