« Iowa » de Slipknot : planquez mamie, Satan is back !

Les 9 masqués de Des Moines (Iowa) s’étaient fait remarqué en 1999 avec leur 1er « vrai » album (qui faisait suite au maxi de 5 titres sortit en 1998) qui imposait leur style ultra-agressif, une rythmique démentielle et un visuel volontairement perturbant (masques, combis de condamnés à mort). En 2001, c’est le choc « Iowa« . Encore plus agressif, plus rythmé, plus monstrueux, avec une évolution musicale prégnante et des textes plus solides. Accrochez-vous bien car c’est parti pour un trip d’enfer !

Des enfants de choeur on vous dit.

Passons sur l’ouverture et attaquons par un titre assez misanthrope : « People = Shit« . L’intro est bien bourrine avec des percus déchaînés et les beuglements de Corey Taylor (n°8). Les guitaristes ne sont pas en reste et quand le chant arrive, le rythme demeure élevé et ne redescendra pas de toute la chanson. Car c’est ça, le style Slipknot. Un bûcheron à la batterie (Joey Jordison, n°1) soutenus par 2 percussionnistes (Chris Fehn et Shawn Crahan, n° 3 et 6), 2 guitaristes déchaînés (James Root et Mick Thomson, n°4 et 7), un bassiste d’enfer (le regretté Paul Gray, n°2) avec un DJ aux scratches bien gras (Sid Wilson, n°0) et un chant… disons guttural. Le reste de l’album s’enchaîne à une vitesse vertigineuse, cumulant les morceaux agressifs, bruyants et dévastateurs. Les riffs sont solides, le rythme vous décolle les vertèbres et le tout vous perce les tympans. Du pur kiff.

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D’habitude, la chanson plus calme arrive vers la 4ème piste. Içi, ce sera la 7ème (« Gently« , une de mes préférées) et encore, elle est calme pendant 30 secondes avec une intro très travaillées dans laquelle les instruments prennent place petit à petit durant une partie instrumentale de plus de 2’30. Volontiers réduit à un groupe qui crève le plafond des décibels, il suffit de bien écouter pour découvrir quelques trésors.

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Celà tient d’ailleurs à la personnalité du frontman Corey Taylor. Ayant vécu dans la rue et sans père, ce dernier s’est construit tout seul et a développé un vrai amour des mots. En effet, dans quelle chanson avez-vous déjà entendu « megalomaniacal » ou « thalidomide » ?On lui doit aussi une jolie trouvaille avec la ligne « The only thing you really know about me is… that’s all you’ll ever know« . Ensuite, sa voix est parfaitement modulable, enchaînant couplets hurlés, refrains chantés le tout avec un flow de rappeur assez impressionnant.

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Le groupe a depuis le début une image sataniste dont ils jouent à l’occasion de cet album avec un visuel à base de chèvres (quand on retire le disque, on aperçoit alors un foetus de chèvre en dessous), une chanson qui porte le numéro 666 ou encore des symboles satanistes. Une démarche marketing qui amuse les fans et effraient les bobos bref, ils gagnent sur toutes la ligne.

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Plusieurs titres sont très violents, notemment au début avec « Disasterpiece », « My plague », « The heretic anthem » et j’en passe mais il ne faut pas oublier la dernière chanson, « Iowa« , morceau de bravoure de 15′ et dans lequel se distingue notemment la basse du défunt Paul Gray. Morceau sublime et bénéficiant d’une production délicate, voilà de quoi contenter n’importe quel mélomane (même si on retrouve les bases de leur style à certains moments).

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Au final, un album qui a durablement marqué le genre, et les oreilles, de tout ceux qui l’ont écoutés. Par la suite, le groupe hésitera entre évolution mélodique et retour aux sources peu convaincant. Malgré le décès de Gray, le groupe continue de tourner mais un 5ème album apparaît bien incertain, ce dernier étant l’âme musicale du combo et sa mort ayant profondément bouleversés les autres membres.

Paul Gray (1972-2010)

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