La B.O de « Le mécano de la Général » par Joe Hisaishi.

« Le mécano de la Général » est film de 1926 réalisé par Clyde Bruckman et Buster Keaton. A cette époque, les films n’avaient pas de BO à proprement parler mais ils bénéficiaient d’un accompagnement live dans certaines salles avec un pianiste ou un petit orchestre qui suivaient les indications des producteurs afin de faire « vivre » le film d’un point de vue sonore.

Le film avait déjà bénéficié de 2 BO pour ses différentes ressorties sous la baguette de Richard Israel en 1995 et de Baudine Jam en 1999. C’est l’année d’après que Mk2 envisage de passer à l’ère du numérique en restaurant son catalogue et le 1er de cordée sera donc ce chef d’oeuvre intemporel qu’est « Le mécano de la Général ». En 2004, l’éditeur se fixe sur le choix d’un compositeur : Joe Hisaishi, très en vogue dans le milieu parisiano-bobo depuis l’avènement des films de Hayao Miyazaki. Il conduit donc le Tokyo City Philarmonic Orchestra pour nous offrir un accompagnement digne de la magnifique restauration numérique dont bénéficie le film.

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Deux thèmes principaux, magnifiques, se dégagent et sont répétés tout au long de l’album avec de multiples variations, alternant les rythmes et les instruments : les violons valsent, les roulements de tambour de cirque affluent (ce que n’aurait pas renier feu Buster Keaton, qui venait du music-hall avant de triompher au cinéma), les trompettes se font entendre, les flûtes adoucissent certains passages et puis il y a cette mélodie délicate qui danse sur le piano. Les morceaux accompagnent parfaitement le film mais ils s’écoutent également très bien sans les images même si leur puissance évocatrice est telle que ces dernières nous reviennent en tête sans problème.

Joe Hisaishi réussit la prouesse de parfaitement accompagner ce très vieux film avec des arrangements certes moderne mais qui dépareillent jamais avec les images, sans doute bien aidé par le fait que malgré le poids des ans, le film de Keaton et Bruckman reste d’une incroyable modernité visuelle grâce à ses travellings fluides, son rythme trépidant ou encore ses gags immortels.

Seul bémol, la chanson finale, écrite par un Georges Moustaki fatigué (il se contente de raconter le film) et « chantée » par une Anna Mouglalis qui susurre les paroles. Un beau trip bobo donc mais on n’est pas obligé d’aller au bout du disque pour une fois.

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Bonsoir,
    Je viens de visionner le film et comme vous le dites si bien « Joe Hisaishi réussit la prouesse de parfaitement accompagner ce très vieux film », c’est à la fois moderne, entrainant, virevoltant, comme l’enchaînement des images malgré l’ancienneté du film.
    C’est en plus un bon moment de détente.

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