« La tête en arrière » de Luke : la relève, la vraie.

Entre les boutonneux de Kyo et les dandys BB Brunes, il y a un groupe de rock français qui aura incarné, aux oreilles du grand public, la relève du rock français. Noir déz en sommeil, les Kyo enfin démasqués et prestement dégagés (qui dit rock dit guitare et pas chanson mielleuse pour gamines de 12 ans), les artistes pop qui commencent à se revendiquer rock parce qu’ils mettent des guitares dans leurs tubes et que c’est le genre à la mode, un groupe français va émerger. Après un 1er album passé inaperçu, le groupe change de line-up et se reforme autour de Thomas Boulard (le chanteur, qui prendra aussi en charge les guitares) et de Cyril Guillaneuf au piano. Leur 1er single, « La sentinelle« , débarque début 2004 et il va directement les propulser au sommet.

On ouvre donc avec « Comme un homme » : la guitare sonne bien, la rythmique est bonne, le texte accroche et l’on sent le labeur de Thomas Boulard pour accoucher de ce dernier. La voix paraît un peu douce pour le genre mais elle s’accommode bien de l’ensemble. « Soledad« , 2ème single de l’album, lui emboîte le pas et on accélère clairement le rythme : les cymbales tintent, la guitare débarque et se déchaîne et donc, ça tape frénétiquement du pied du coté de l’auditeur. Le riff de milieu est endiablé, le texte est toujours aussi bon bref, ça confirme la bonne impression. Vient ensuite « La sentinelle » et son riff d’intro qu’on a tous entendu sur les radios. Efficace comme il faut, bien rythmé mais en léger retrait par rapport aux 2 pistes précédentes. Comme souvent, la 4ème piste calme le jeu et « Le reste du monde » remplit parfaitement cette fonction : guitare débranchée, batterie jazzy, basse plus présente et piano appuyé, ce titre servira de 3ème single. On respire avant de repartir.

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Retour de la boucle de guitare et d’une batterie plus nerveuse pour « Hasta siempre« . C’est clairement la meilleure piste de l’album et elle sera le 4ème et dernier single de la galette. Dans « L’espèce humaine« , le groupe renoue avec sa veine plus calme et signe une gentille ballade. Le ton est un peu plus grave dans « Seveso » mais le tout reste agréable. Le rythme alterne donc entre morceaux de rock et ballades plus mélodiques. C’est donc l’heure du retour du rock avec « Petite France« , qui n’a pas grand-chose à voir avec le prénom. Les paroles sont un peu plus revendicatives et appellent à un réveil général.

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On enchaîne avec le punchy « Tout va bien« . Simple, basique, avec un chant plus brut pour un morceau qui s’écoute facilement et au message là encore limpide. Avec « Ressource humaine« , on lorgne clairement du côté de la bande à Bertrand Cantat avec des guitares saturées et une énergie un peu foutraque dans le refrain avant un final encore plus bordélique. Mais bon, il faut conclure par une dernière ballade et sera donc « Zoé » dans laquelle Thomas Boulard se la joue solo avec sa guitare sèche (type Kurt Cobain sur « Pennyroyal tea » lors du Unplugged, mais en moins mythique). Ce petit plaisir marque donc l’avènement du chanteur et parolier au sommet du groupe et la formation n’aura de cesse de changer depuis.

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L’album sera un très gros carton commercial avec un triple disque d’or à la clé, un succès fulgurant et des salles pleines. Le groupe patientera 3 ans avant d’offrir son successeur, « Les enfants de Saturne« , là encore un excellent album, plus mature, qui, s’il sera un franc succès aussi, sera moins accompagné médiatiquement. Le côté un peu lisse de son leader a sans doute participé à cet éloignement ou bien tout simplement, le costume était peut-être trop grand.

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