« Mezzanine » de Massive Attack : la BO de votre télé.

Quand paraît l’album « Mezzanine » en 1998, 3ème effort studio du groupe Massive Attack, le trio de Bristol est déjà une référence dans son domaine, le trip-hop, dans son pays, l’Angleterre, et très populaire dans le monde. D’abord orienté vers la soul et le hip-hop, certains membres du groupe veulent explorer d’autres styles musicaux quand d’autres préfèrent éviter le mélange des genres. Cet affrontement artistique violent accouchera d’un sommet musical d’une perfection bluffante et d’une noirceur rare.

Massive Attack, une certaine idée de la joie de vivre.

« Angel » ouvre le disque et d’entrée, on est saisit. Electrique, lourd malgré la délicatesse de la voix, boîte à rythme léthargique et basses qui attendent, en sourdine. On se dirige droit vers une explosion finale qui va lancer l’auditeur dans l’ambiance. Le morceau a été maintes fois utilisé à sa sortie jusqu’à aujourd’hui dans des pubs, des séries et des films. On enchaîne avec « Risingson » qui renoue avec le côté hip-hop du groupe tout en gardant un fond électrique mais moins rock que dans le morceau précédent. La voix est cette fois-ci plus grave. Entendu dans le film « Ouvre les yeux » d’Alejandro Aménabar. Vient ensuite un morceau très calme, « Teardrop« , porté par la voix douce d’Elizabeth Fraser, et qui est devenu depuis le générique de « Dr House« , entendu dans plusieurs séries et films et bien sûr dans le docu « Les yeux dans les bleus« . Morceau à la construction favorisant son utilisation tous azimuths avec sa boîte à rythme très présente, guitare discrète, piano imposant, envolée lyriques sublimes bref, c’est une tuerie qui a accompagné bien de moments agréables dans notre vie. Vient ensuite, après ce morceau apaisant, l’arabisant
« Inertia creeps » (entendu dans « Stigmata » et la série « Numb3rs« ) qui mêle différents sons sur des paroles rappées avec une orchestration des plus ambitieuse. Sensuel et envoûtant.

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Le 5ème morceau, « Exchange » est une instru très calme, qui vient en parfait contre-point du morceau précédent et utilisé dnas le docu sur les sufers-skaters les Z-boys. Il prépare aussi le terrain pour « Dissolved girl« , avec la très jolie voix de Sara Jay. Ça swingue en fond, les notes sont assez subtiles et on est entraîné par le rythme avant le break, brutal et qui nous emmène dans une autre dimension. Du très grand art. Entendu dans « Matrix » et « Le Chacal« . Avec « Man next door« , on repart sur des bases hip-hop pour le rythme mais avec une voix beaucoup plus douce. Reprise de « I’ve got to get away » de The Paragons. Là encore, c’est une incontestable réussite. Et « Black milk » continue de creuser le sillon hip-hop avec ses basses lourdes et pesantes mais contre-balancées par la voix d’Elisabeth Fraser. C’est lyrique, c’est d’une beauté à tomber par terre, ça repose le corps et l’esprit.

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« Mezzanine » combine les influences hip-hop avec une guitare électrique discordante et un son très lourd en fond et des basses assommantes. « Group four » est un duo entre la voix masculine très lourde et celle plus aérienne de Fraser pour un résultat des plus extraordinaires. Et comme l’instru qui accompagne le tout est une nouvelle fois une vraie splendeur, osant des variations et des sons incroyables, on se régale sans fin. On conclut avec « (Exchange) » qui reprend l’isntru de la 5ème piste qui porte le même nom sauf que là, il y a des paroles. C’est toujours aussi beau.

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Au final, un album qui a fait date dans l’histoire de la musique et qui a installé de façon définitive le trio de Bristol au firmament de sa discipline, juste récompense pour un groupe aux audaces multiples et au talent fou, qui a crée des sons inoubliables et sauvé la mise à beaucoup de metteurs en scène (pour rendre leurs scènes encore plus jouissives ou inspirées) et de publicitaires (qui cherchent une musique cool, généralement entendu en club la veille de rendre leur script). Un must à avoir absolument.

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4 commentaires Ajoutez les votres
  1. j’ai eu la chance de voir LE concert de Massive Attack dans la petite salle de la Mutualité à Paris pour la sortie de l’album « mezzanine », et de finir la soirée sur un péniche avec les membres du groupe, et de danser avec monsieur Horace Andy, qui n’avait pas fumé que des menthols 🙂
    Un grand moment ! Cet album est absolument incontournable, je l’écoute très souvent ! enjoy it!
    stef!

  2. Un album dont je ne me lasse jamais, de découvrir à chaque écoute. Il m’a pourtant laissé de lourdes marques psychédéliques, des cauchemars à répétition, des doutes, des angoisses et malgré tout cela, malgré cet étrangeté, j’y reviens. une histoire de passion certainement. Dès que mon ipod me l’envoie j’appuie sur Zap zap et puis NON, j’y reviens. Je t’aime moi non plus résume parfaitement notre relation, une relation presque par trop fusionnelle.
    merci Loïck

  3. Merci à vous pour vos commentaires en tout cas et ravi de voir que ça vous a rappelé quelques souvenirs. Pour info, la semaine prochaine, je vais faire un article sur « I put a spell on you ». Voilà. Et encore merci pour vos coms !

  4. C’est album est incontestablement l’un des meilleurs albums des années 90. Ce groupe a su innover tout en utilisant des sons déjà existants. D’une noirceur rare, Mezzanine mérite qu’on parle de lui. En bien.

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