« Rage against the Machine » : le cri du peuple !

Il y a quelques jours, une vidéo est apparue sur le net montrant le tout jeune groupe Rage against the Machine jouant son 1er concert à Northridge en Californie. On peut découvrir quelques titres inédits (leurs 1ères compos) mais aussi les grands classiques apparaissant sur l’album éponyme paru en octobre 1992, 6 mois après les fameuses émeutes qui ravagèrent la Cité des Anges et une bonne partie de la côte Ouest. Nos 4 révoltés se nomment Zack de La Rocha (au chant), Tom Morello (à la guitare), Tim Commerford (à la basse) et Brad Wilk (à la batterie). Leur style est déjà bien affirmé lors de ce concert, les lyrics enflammés de Zack de La Rocha font mouche et la rythmique funky fonctionne à plein régime. Mais sans reconnaissance publique, le message ne porte pas vraiment. Le carton de l’album leur donnera cette visibilité.

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On ouvre direct avec « Bombtrack » qui pose les bases du style RATM : une ligne de basse funky, une guitare virtuose qui varie les sonorités et surtout des textes bien écrits, très engagés et porté par le phrasé d’un chanteur fortement influencé par celui de Gil Scott-Heron. On enchaîne avec « Killing in the name of« , morceau instrumental à la base si l’on se base sur la vidéo sus-mentionnée et sur laquelle de La Rocha a rajouté des paroles simples mais très marquantes (« Some of those who work forces/Are the same that burn crosses »). Riff ravageur, énergie communicative, voilà le morceau parfait pour un pogo. Vient ensuite « Take the power back« , aux lyrics enragés et avec encore un riff de malade sans oublier une ligne de basse magnifique. « Settle for nothing » est un peu plus calme dans sa rythmique mais il contient en milieu de morceau un riff tout simplement déchirant et d’une virtuosité rarement égalée. Retour au son qui décoiffe avec « Bullet in the head« . On passe un nouveau cap dans les lyrics, plus brûlants que jamais et soutenu par une instru de malade.

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Après avoir visé la tête, place à la balle en plein cœur (du rêve américain) avec »Know your enemy » et son énumération finale qui reste longtemps gravée dans la mémoire de l’auditeur. « Wake up« , popularisé suite au film « Matrix », est lui aussi un sacré brûlot dans lequel de La Rocha ne prend pas vraiment de gants et Tom Morello nous gratifie de quelques solos magiques (celui d’intro bien sûr mais aussi celui du break). Pas de répit avec « Fistful of steel » et là encore, le solo inaugural est une tuerie. « Township rebellion » et son fameux slogan « Fight the war/Fuck the norm avec encore une instru démentiel et le final rageur de « Freedom » et son vibrant « Anger is a gift » qui vous frappe en pleine tête et le final apocalyptique qui conclut le morceau laisse la bouche de celui qui vient à bout de ce chef d’œuvre largement ouverte avant de presser « Replay » et de se dire qu’on avait jamais entendu ça.

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Concentré de rage contre le système, combat poursuivi même en dehors de la scène, le groupe splittera plus d’une fois à cause de débats incessants, de tournées éreintantes et d’envies d’ailleurs. Militant largement contre le capitalisme et en faveur de l’anti-mondialisation, le groupe s’arrête alors que la situation mondiale se dégrade de plus en plus. Les 3 musiciens monteront le groupe Audioslave avec Chris Cornell au chant, donnant naissance à 2 bons albums (avant d’exploser en vol) quand Zack de La Rocha aura toutes les peines du monde à sortir son album (sa collaboration avec DJ Shadow et DJ Skulls fait figure d’arlésienne pour ses fans) entraînant logiquement la bande à une reformation. Quelques concerts autour du monde plus tard, le groupe annonce la sortie d’un nouvel album pour le courant 2011. Et si on se doute que pour l’inspiration des paroles, il y a de la matière, il ne faudra pas oublier de nous pondre des instrus de malades pour nous faire headbanger comme des fous et faire en sorte que ce retour ne soit pas juste une envie commerciale. Vivement la sortie de cet album, histoire d’allumer de nouvelles étincelles dans notre société trop policée.

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