« Raw power » de The Stooges : le hurlement de l’Iguane.

Après 2 albums et et des tournées mythiques, le groupe The Stooges était en pleine déliquescence à cause des multiples abus de ses membres. Virés par leur maison de disques, le combo était donné pour mort. Iggy Pop rencontra David Bowie (aka Ziggy Stardust à l’époque) en 1971 et ce dernier l’emmena, lui et le guitariste James Williamson, à Londres pour trouver de nouveaux musiciens. Déçu par les multiples candidats, Pop décida de rappeler les frères Asheton : Ron glissa à la basse quand Scott retrouvait ses baguettes. A 4, sous la surveillance de Bowie, le groupe se relance et change de nom : Iggy & The Stooges. Le nom change mais le son évolue. Vers quelque chose de plus brutal. Vraiment brutal.

Ouais, ouais, ouais. Je comprends mieux là !!!

Piste d’ouverture, « Search and destroy« . Tout est dit. Guitare saturée, rythmique endiablée, distorsions mais le chant demeure assez calme. On enchaîne avec « Gimme danger« , piste quasi instrumentale (ma favorite) avec cette guitare qui pleure à coups de distorsion et qui nous entraîne dans sa spirale électrique. On passe aux choses sérieuses avec « Your pretty face is going to hell« . Là, la voix est vraiment puissante et le riff de Williamson repousse les limites de l’audible. Et ce n’est que l’apéro.

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« Penetration » commence doucement, avec un riff assez lourd et quelques notes de claviers en fond. La voix de Pop se fait plus rampante et ondule tel un reptile. Le riff du milieu épouse cette même forme et percute nos oreilles. Puis c’est « Raw power« , avec son petit piano type saloon en fond, un chant ultra-puissant et une guitare plus en retrait, soutenue par une basse hallucinante. Un cri du coeur stimulant, qui vous réveille quelque soit l’heure de la journée et votre état de fatigue. Avec « I need somebody« , on retrouve un peu du style de Screamin’ Jay Hawkins et son fameux « I put a spell on you« . Pop y fait preuve d’une amplitude vocale assez étourdissante.

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On conclut avec « Shake appeal » qui effectivement, vous donne une irrépressible envie de vous remuer le derrière. Basse plus en avant, rythme infernal bref, c’est un nouveau boost de malade. Fin du disque avec « Death trip« , chanson parfaite pour faire du parachutisme ou autre, morceau foutraque qui part dans tous les sens avec un riff assourdissant. Sans oublier le final bordélique de rigueur.

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Iggy Pop avait fait le mixage dans un 1er temps mais, trop inaudible, sera remplacé par un Bowie à l’oreille plus affûtée qui lui donnera son cachet unique. Un album court (34 minutes) mais terriblement violent et rageur, qui marque le retour du groupe californien au 1er plan et qui lui permet de marquer l’histoire (l’album sera un demi-échec à sa sortie en 1973 mais obtiendra son statut au fil du temps). Le critique Philippe Manoeuvre l’a qualifié « d’album le plus violent du rock ». Un jugement qui peut paraître excessif même si il fait bien partie du top 3 de la catégorie.

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