« Toxicity » de System of a down : le retour du metal engagé.

Dans les années 90, les enfants terrible de Rage Against The Machine ont mené une lutte sans merci pour la liberté d’expression et contre le gouvernement US. toutefois, début des années 2000, la relève se fait attendre. Il y a bien Marilyn Manson dont le répertoire compte quelques brûlots mais son cirque visuel et ses provocs puérils nuisent à l’ensemble. Le 1er album du quatuor americano-arménien sortit en 1998 avait déjà fait son petit effet mais sans aucune portée mondiale. Quand « Toxicity » débarque dans les charts en 2001, la donne change enfin.

Le groupe au complet : le chanteur Serj Tankian, le guitariste Daron Malakian, le bassiste Shavo Odajian et le batteur John Dolmayan.

En ouverture, le pamphlet « Prisons » avec des paroles sans équivoque qui tirent à boulets rouges sur la politique de répression en vigueur aux USA et les différentes magouilles attenantes. Coté musique, c’est du métal agressif, très rythmé qui rue dans les brancards. Le mixage donne en plus à l’album une cadence infernale puisqu’il n’y aucune pause entre les titres. « Needles » reste dans la même veine avec un message sans équivoque. Les couplets sont courts, les refrains répétés et le rythme toujours aussi infernal. Puis c’est au tour de « Deer dance« , brûlot qui laisse sur la carreau mais pas le temps de respirer car « Jet pilot » et « X » arrivent, 2 morceaux très courts sans fioritures mais aussi sans éclats. Pas de répit car voiçi le 1er single de l’album, véritable petite bombe à l’époque : « Chop suey« .

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Le tube : récit du suicide d’une jeune fille, musicalement très riche et parfaitement réglé, il est porté par un clip démentiel qui a longtemps tourné sur les chaînes musicales quand le titre squattait également les radios. « Bounce« , qui suit, raconte sur le mode hard un gang-bang avant « Science« , le morceau le plus long de l’album, et son magnifique break dans lequel le guitariste Daron Malakian s’éclate, relayé par le batteur John Dolmayan. Suis donc « ATWA« , dans lequel Serj Tankian épouse le point de vue de Charles Manson. « Science » qui suit est un nouveau brûlot très efficace et rythmé puis c’est « Shimmy« , morceau un peu barré au rythme démentiel.

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Et là, c’est le clou de l’album : 3 titres superbes, à commencer par « Toxicity« . Mélodique, enragé, avec un break là encore monumental, c’est une pièce maîtresse du métal, un titre ravageur. « Psycho » qui lui fait suite, est un morceau dérangeant conclut en beauté par un solo déchirant mais ce n’est pas finit car voiçi « Aerials« , dernier single, là encore très mélodique mais aussi terriblement dérangeant, surtout quand on voit le clip qui l’accompagne. La bonus track n’est pas cachée, preuve là encore du mixage trépidant de l’album, et c’est un simple morceau de flûte amer-indienne, nation autochtone des présents USA, victime d’un génocide qui fait écho à celui subit par les arméniens en 1915 et cause défendue becs et ongles par les membres du groupe.

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La suite de la carrière du groupe se poursuivra sur la même lancée, vers une radicalisation des textes, un engagement toujours plus vindicatif et réel avant une pause en 2006, suite au diptyque « Mezmerize »/ »Hypnotize » et une reformation en 2010.

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