« The Black Album » de Metallica : 20 ans après.

Ce week-end (le 12 mai), le groupe américain Metallica a rempli le Stade de France pour fêter les 20 de leur album le plus vendu au monde (21 en vrai puisqu’il est sortit en 1991). Renommé « Black Album » par les fans (il s’appelle tout simplement « Metallica » en vrai puisqu’aucun titre n’est noté sur la pochette, magnifique par ailleurs), le disque divise la fan-base du groupe : les purs et durs diront que c’est à cette époque que le groupe a pris son virage commercial, les autres trouvent que c’est un aboutissement tout autant qu’un virage artistique. Et chacun a un peu raison.

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« Enter Sandman« , qui ouvre l’album, commence assez doucement avant que la batterie ne vienne nous rappeler que c’est un album de Metallica et pas de Sheryl Crow puis le riff débarque. Il est clairement moins rapide que dans les albums précédents mais demeure très puissant. La voix de James Hetfield a gagné en assurance tout en devenant plus rocailleuse. Comme toujours, on a la rythm guitar en fond et la lead guitar qui part dans des délires propres au genre. On enchaîne avec « Sad but true« . Là encore, la batterie se taille la part du lion en ouverture, bien appuyé par la guitare. Le riff demeure lourd et le plaisir qu’on prend est toujours là. Suit « Hoiler than thou » et là, on retrouve le rythme d’antan. Plus courte que les autres, plus incisive, un titre qui conclue en beauté la partie inaugurale du disque. Comme d’habitude, la 4ème piste calme le jeu et c’est donc « The unforgiven« . Balade certes mais qui s’ouvre dans le plus pur style d’Ennio Morricone donc bon, pour moi, ça passe. Alors oui, c’est un slow, parcouru de quelques passages plus brutaux mais ça reste un concentré d’émotion avec une voix très maîtrisée et une instrumentation soignée.

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On repart vers le metal plus dur avec « Wherever I may roam« . Intro très particulière qui précède un riff comme toujours très puissant. Très isntrumental, le morceau démontre que le groupe en a encore sous la pédale et s’impose comme un standard immédiat. Puis c’est « Don’t tread on me« , avec une rythmique parfaite. Soulignons par ailleurs le travailleur de bûcheron réalisé par Lars Ulrich sur l’album. Il se donne à fond derrière les fûts et le mixage lui rend vraiment justice. « Through the never » renoue avec la rythmique diabolique du groupe et sa veine plus trash. Il précède l’autre balade FM de la galette : « Nothing else matters« . Plus calme que « The unforgiven« , cette piste fait appel à quelques violons (dirigés par Michael Kamen, qui sera plus tard le chef d’orchestre sur le concert « S&M« ) pour un résultat parfois sublime. Et là encore, la voix d’Hetfield est remarquable, vraiment posée voire délicate.

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Dernier chapitre du disque inauguré par « Of wolf and man« , qui suit la même structure que la plupart des autres morceaux, avec toujours autant de métier et de savoir-faire. Puis c’est ma chanson favorite, « The God that failed« , chanson très personnelle et qui commence par une ligne de basse tranchante auquelle répond les 2 guitares avant un riff démentiel qui vous électrise. Chanson assez dure évoquant le cancer de la mère du chanteur, un morceau essentiel, qui comporte un solo rageur, avec une guitare qui évoque un coeur qui saigne de la perte d’être cher. Sublime. Non moins sublime est « My friend of misery« . On se dit « encore une balade », et bien non. La chanson démontre en tout toute l’ampleur vocale de Hetfield, qui interprète vraiment sa chanson. Le solo est également un pur régal et ça reste une de mes préférées du groupe. On conclut avec « Struggle within« . Ouverture façon tambour de guerre, chant rapide et rythmique de fou pour un final réussi qui boucle cet album de façon impeccable.

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Alors oui, cet album est un des plus accessible du groupe mais c’est aussi sa force. Il prouve que le groupe a su grandir tout en gardant une certaine identité, avec de nombreux morceau taillé pour le live (après tout, la musique est avant destiné au live, surtout avec un groupe qui passe plus de temps sur scène qu’en studio). Fruit d’un dur labeur, produit de façon très profonde et méthodique, ce qui donne un son qui traverse le temps sans prendre de ride, avec des paroles travaillées là encore. Certains fans ont peut-être eu du mal avec ce virage car, ayant vielli, ils acceptent moins facilement le changement quand la nouvelle génération a découvert ce groupe et accueilli avec enthousiasme ce même changement. Et puis, les membres du groupe prennent de l’âge aussi et comme tout artiste, ils ont eux aussi besoin de changement et de challenges pour évoluer. Depuis, le groupe demeure un gros nom de la scène metal, malgré des ventes déclinantes et des disques moins réussi, ce qui donne tout le prix de ce disque.

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